Aéroport de Roissy, hier, aux environs de 14 h 30. Les trémolos perceptibles dans la voix de Jean-Felix Moupegnou trahissent le sentiment d'inachevé qui le tenaille. À l'heure de s'envoler pour la Slovaquie et son championnat national, l'ex-Cognaçais reste amer.
Seulement six mois après son arrivée en provenance de Poligny (N2), l'ailier de 29 ans est revenu sur les raisons de ce divorce par « consentement mutuel », selon ses propres termes. « Je ne vais pas ressortir ce qu'il a pu se dire dans les vestiaires. Ce qui est sûr, c'est que c'était la meilleure solution. »
Une solution pourtant devenue de moins en moins évidente depuis le net regain de forme connu par le Franco-Congolais depuis le début de l'année.
« En 2012, j'ai voulu changer les choses, relate l'intéressé, mais je ne peux pas non plus imposer mon style. » Cette différence de philosophie du jeu a provoqué une séparation qui arrange finalement tout le monde.
« Chacun y trouve son compte, même si j'aurais préféré m'imposer à Cognac, admet Moupegnou. J'ai voulu m'exprimer grâce à mon basket. J'en ai eu l'opportunité, mais ce n'était pas évident car cela ne correspondait pas aux attentes. »
Ces dernières sorties, plutôt convaincantes, n'auraient-elles donc été qu'un simple écran de fumée ? Une possibilité, de l'avis même de l'ailier. « Au départ, je me suis plutôt bien intégré, même si tout était loin d'être parfait. Mais les choses ont mal évolué, ce qui m'a poussé à prendre une décision, histoire de respirer un peu. Je n'accuse personne, et je ne déteste personne non plus. Mais les contraintes que l'on m'imposait ne correspondaient pas à mon style de jeu. »
En filigrane, il faut y lire un manque de considération doublé d'un degré de responsabilité en deça des attentes du joueur. Pas si illogique, au vu de son rendement. À ce sujet, l'entraîneur cognaçais Philippe Maucourant est on ne peut plus clair.
« Un constat d'échec »
« Jean-Félix Moupegnou est venu me voir avec son agent afin de me faire savoir qu'il y avait une ouverture pour lui. J'ai simplement accédé à sa requête. On a évalué la situation, et on en a tiré un constat d'échec justifié par des objectifs personnels et collectifs qui pour lui, n'étaient pas atteints. De son côté, il était très motivé par ce nouveau challenge. On n'a donc pas hésité longtemps. » Le terrain d'entente trouvé entre les deux parties n'induit aucune indemnisation. Pour l'heure, Cognac n'entend pas, non plus, pallier ce départ.
« Dans l'immédiat, nous n'avons aucune piste. À court terme, il ne sera pas remplacé, mais nous n'excluons rien, dévoile Philippe Maucourant. Nous avons travaillé sur une solution de rechange en Serbie. Mais le club où évolue le joueur qui nous intéressait lui a finalement versé son salaire, alors qu'il ne l'avait plus payé depuis un certain temps, de peur qu'il ne s'en aille. »
« Responsabiliser l'effectif »
Pour le technicien charentais, ce déficit numérique ne devrait pas influer sur la rencontre de demain, à Chartres (20 heures). « Je préfère la qualité à la quantité, avance Maucourant. Cela sera même peut-être un moyen de responsabiliser les joueurs. »
Et ainsi prouver que Cognac, malgré ses trois revers de rang doublés d'un départ inattendu, sait aussi faire preuve de caractère.
Georges Lannessans
SUD OUEST
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