8 mars dernier : Kenny Younger et les Poitevins frappent un grand coup en s’imposant à Limoges (55-56). Un succès qui, aux dires de Cédric Gomez, constitua un tournant décisif dans la saison poitevine. Photo archives NR, Dominique Bordier
Retrouver le PB 86 en finale du championnat est une sacrée surprise. Petit coup d'œil dans le rétro de cette folle aventure.
Ceux qui ont parié sur nous en début de saison, ont dû gagner un beau paquet d'argent. Cédric Gomez a toujours le sens de la boutade mais le petit gars de Lavelanet n'a pas tort. Car imaginer en septembre dernier, que le PB 86 se hisserait en finale du championnat, était pour le moins osé.
Annoncée comme un possible trouble-fête, la formation de Ruddy Nelhomme jouera donc ce rôle jusqu'au bout. « On fout la mer…, lance un Garry Florimont hilare. On bouscule la logique mais c'est ça le sport. Une équipe soudée vaut mieux que quelques individualités. L'argent ne fait pas tout. » Cette cohésion, les Poitevins l'ont ébauchée dès le début de saison. « Cela a commencé lors de nos premières victoires à l'extérieur (N.D.L.R. : à Châlons et Saint-Quentin) après prolongation, analyse Cédric Gomez. Elles ont été primordiales car nous avions une série de matches difficiles. Nous avons pris confiance. Ensuite, nous avons galéré sur certains matches durs mais nos jeunes joueurs y ont beaucoup appris. Le déclic, ce fut certainement cette victoire à Limoges alors que nous ne gagnions plus en déplacement (N.D.L.R. : huit défaites consécutives). Mentalement, ensuite, nous étions plus forts. »
« Un vrai groupe est né cette année, savoure Ruddy Nelhomme. Il y a quelque chose de spécial dans cette équipe, elle vit hyper bien ensemble que l'on perde ou que l'on gagne. Notre force, c'est notre collectif. Il nous permet de jouer des équipes supérieures à nous sur le papier. » Et le coach poitevin, habituellement si réservé, de s'emballer quelque peu : « Mentalement, nous sommes devenus solides. Sans oublier qu'il y a du talent. Offensivement comme nous l'avons vu sur ce match avec Tommy (Gunn) et Sylvain (Maynier) mais aussi défensivement. Bien sûr, il y a une petite hiérarchie au sein de l'équipe mais tout le monde accepte de faire un peu moins pour que le groupe avance. Maintenant, il ne faut pas se désunir car nous n'avons pas de marge. Nous voulons aller au bout. »
Face à Besançon, la lutte promet de nouveau d'être âpre. Elle aura un goût particulier pour la famille Darnauzan, avec Thomas le Poitevin et Simon le Bisontin. « Se rencontrer en finale, cela va être super sympa », s'enthousiasme l'aîné de la fratrie, qui a déjà connu Bercy avec Nanterre l'an passé, en finale de la Coupe de France. « Eux auront peut-être un peu plus de pression, nous verrons comment ils la géreront. De notre côté, il faudra y aller confiant, je suis persuadé que les coaches préparent un bon plan tactique. Nous, les joueurs, sommes déjà super motivés en y pensant mais gare à la surexicitation. » Et Cédric Gomez de résumer l'enjeu de l'événement délicieusement : « Une finale, soit tu la gagnes, soit t'es le dindon de la farce. »

Emmanuel ESSEUL