Originaire du 91, Ilane commence le basket à l’âge 13 ans dans le club de Bièvres, sa ville d’origine. Rapidement, il rejoint le club de Massy, où il restera pendant trois ans. Si le basket semble aujourd’hui évident au vu de son parcours, le jeune homme a d’abord pratiqué le football.

Avant le basket, je faisais du foot et mon objectif était aussi d’être pro. Les clubs que j’aime sont Paris et le FC Barcelone. À chaque fois que j’ai pratiqué un sport, j’ai toujours voulu atteindre le plus haut niveau. J’ai pratiqué les deux sports en même temps pendant un an, jusqu’à ce que ma mère me dise stop ! Ma famille a pratiqué le basket, un sport qui a toujours été présent autour de moi, donc le choix s’est avéré assez logique.

L’Essonnien poursuit son parcours à l’INSEP. Après une première saison compliquée, l’expérience aurait pu s’arrêter là, mais Ilane reste finalement trois ans au Centre Fédéral

L’INSEP, c’est particulier. J’ai découvert un basket vraiment basé sur le collectif et la défense, une formation que j’appellerais “à la française”. J’ai beaucoup appris sur ces principes tout en ajoutant mon côté plus offensif.

Durant l’été suivant sa deuxième saison, Ilane participe à la Coupe du Monde U17, où la France termine troisième, battue par l’Espagne. Ilane est élu dans le meilleur cinq du tournoi (12,6 points et 5,9 rebonds de moyenne pour 15,4 d’évaluation). À partir de là, tout s’accélère pour le jeune arrière tricolore : NCAA, NBL, G-League Ignite, clubs français, les sollicitations affluent.

J’ai eu tellement d’offres que mes parents étaient débordés ! Mon agent m’a surtout proposé des projets à l’étranger. Il y en avait tellement que je n’ai pas eu le temps de tout voir, et les propositions françaises ont été moins mises en avant. C’était ma volonté de partir aux États-Unis. Mon objectif est d’aller en NBA, mais pas seulement pour 2-3 ans et revenir en Europe. Je veux vraiment m’y installer. Mais ayant commencé le basket tard, je savais que j’avais encore besoin de me développer physiquement et techniquement, donc la NCAA me semblait la meilleure option. » Ilane rejoint alors UCLA, la prestigieuse université californienne. Bien que la découverte d’une nouvelle culture et d’un basket différent soit un défi, il s’adapte rapidement. La clé pour gagner des minutes de jeu : défendre. « Nous étions une équipe très jeune. Le coach savait que pour gagner, il fallait défendre et jouer dur, et pas se reposer sur l’attaque. C’est ce que j’ai essayé de faire en début de saison.

Cependant, son temps de jeu diminue au fil de la saison, sans réelle explication.

Au début, tout le monde me donnait de bons retours. Mais à un moment, un assistant coach m’a annoncé que mes minutes allaient être réduites. J’ai essayé de m’accrocher, mais j’ai fini par comprendre que je n’aurais pas vraiment ma chance.

L’aventure californienne s’arrête donc après une saison frustrante (22 matchs joués, 3 minutes de moyenne). Pourtant, Ilane reste très sollicité aux États-Unis.

Quand j’ai mis mon nom dans le portail des transferts, j’ai reçu des offres de tout le pays. J’ai pu visiter des campus en Caroline du Nord et en Floride.

Alors qu’il explore les options américaines, le Poitiers Basket se manifeste avec une proposition.

Cela a commencé par un entretien avec le staff du PB. J’ai aussi demandé conseil à Mo Diawara, qui avait joué ici la saison dernière. J’ai hésité avec d’autres projets, mais Poitiers offrait tout ce que je recherchais.

Après la Nationale 1 et la NCAA, Ilane découvrira cette année la Pro B. Et quand on lui demande ses ambitions, la réponse est claire :

Mon but est de gagner les playoffs. Je ne me fixe pas d’objectifs limités. Je vise toujours le plus haut possible. Gagner le plus de matchs cette saison et voir la salle pleine à chaque rencontre, voilà mes objectifs avec Poitiers.

Et si Ilane a cette mentalité de « sky is the limit », c’est en partie grâce à Kobe Bryant.

J’ai commencé à regarder le basket avec Kobe. C’est lui qui m’inspire le plus, surtout pour son éthique de travail, même s’il n’y aura jamais un deuxième comme lui avec la “Mamba Mentality »

Il cite aussi Isaiah Cordinier comme source d’inspiration, notamment pour son impact dans les matchs.

J’aimerais ressembler à ce type de joueur plus tard, quelqu’un qui peut impacter un match en quelques minutes, en défense comme en attaque.

Si le sport professionnel évolue vite, Ilane ne doute pas de ses objectifs NBA.

Mon ambition a toujours été la NBA, et je pense que c’est toujours d’actualité. Certains disent que la NBA, c’est peut-être fini pour moi. Je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas une course. Celui qui arrive en premier n’aura pas forcément la meilleure carrière.

Un discours plein de sagesse pour un joueur de seulement 19 ans. Aujourd’hui, c’est un nouveau défi qui l’attend avec Poitiers, mais une chose est sûre : le nouvel arrière du PB86 fera tout pour atteindre ses objectifs et emmener son équipe le plus haut possible.

 

NCAA : La National Collegiate Athletic Association est le championnat universitaire où évoluent les meilleurs jeunes américains (mais aussi étranger). Les très gros « propects » NBA y passent en général seulement une année avant de faire le grand saut. C’est ce qu’on appelle le « one and done ». Dans cette ligue les joueurs ne sont pas considéré comme profesionelles.
UCLA : l’université de Californie à Los Angeles. C’est l’une des facs les plus prestigieuses du pays que ce soit pour les études où le sport. Et notamment le basket. Beaucoup de stars NBA sont issus de cette université depuis toujours : Kareem Abdul-Jabbar, Reggie Miller, Russel Westbrook etc…
NBL : La National Basketball League est la 1ère division Australienne. Depuis quelques années certains futures très haut choix de draft préfèrent rejoindre ce championnat plutôt que la NCAA pour devenir pro tout de suite. C’est le cas par exemple de LaMelo Ball (3ème choix en 2020) ou du français Alexandre Sarr (numéro 2 en 2024) G-League Ignite : La Gatorade-League est une ligue de développement affilié à la NBA. L’équipe Ignite (qui n’existe plus aujourd’hui) avait été créer pour préparer certains hauts talents à la draft.

 

Alexis BOUYATBénévole et auteur de l’article